Didier-Marie Golay
L’Evangile nous dit que les disciples retournèrent à Jérusalem, remplis de joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu (Lc 24, 52-53). En célébrant l’Ascension du Seigneur, sommes-nous vraiment dans la joie et dans l’action de grâce? Avons-nous conscience que le mystère que nous célébrons, l’Ascension du Christ Jésus, nous concerne de près? Sommes-nous vraiment persuadés que le Christ, montant vers son Père, nous a entraînés avec Lui? Vivons-nous en espérance en ce lieu, en cet espace qu’est la présence du Père?
La fête de l’Ascension nous rappelle, d’une manière extraordinaire, le dessein d’amour de Dieu le Père sur l’humanité par l’Incarnation rédemptrice de son Fils, du Verbe de Dieu, de la deuxième Personne de la Trinité. Le Verbe s’est fait chair (Jn 1, 14), Il est venu partager notre condition humaine pour emporter l’humanité dans le sein du Père, pour faire de chacune et de chacun d’entre nous des enfants de Dieu, pour nous faire devenir fils dans le Fils, pour nous faire advenir à notre véritable identité. C’est cela que nous redit avec force la fête de l’Ascension; c’est cela que nous célébrons dans la joie et dans l’action de grâce.
La fête de l’Ascension est vraiment le lien entre le ciel et la terre. La terre est emportée au ciel et le ciel vient nous rejoindre. Cet échange mystérieux s’accomplit par la seule médiation du Christ Jésus, vrai Dieu et vrai homme. Jésus nous donne son Corps et son Sang dans cette Eucharistie; ainsi Il nous fait vivre de la vie trinitaire, et en même temps, le mystère que nous célébrons en ce jour nous rappelle que par Son Ascension, notre nature humaine est déjà assumée en Dieu et que c’est là que nous sommes attendus par le Père. Nous avons à vivre selon cette réalité. Nous sommes invités à poser notre regard sur le Christ assis auprès du Père; nous sommes invités à Le contempler pour découvrir peu à peu que là où est la tête, là aussi sont les membres. Déjà nous sommes auprès de Dieu et il nous faut vivre sur cette terre avec cette espérance de rejoindre un jour le Christ à la droite du Père.
A vous d’en être les témoins (Lc 24,48) nous dit Jésus, mais ce n’est pas nous qui choisissons notre mission ou qui nous la donnons. Dieu doit toujours avoir l’initiative dans nos vies. La mission se reçoit de Lui car elle est le prolongement de la mission du Fils, vécue dans le mouvement de son Incarnation et de son Ascension. Nous sommes donc envoyés en mission. Après avoir reçu notre mission, sachons prendre le temps d’invoquer l’Esprit Saint, cette force venue d’en haut qui, seule, peut nous permettre d’accomplir la mission qui nous est confiée. Entre le temps de l’Ascension et celui de la Pentecôte, nous pouvons demander quotidiennement le don de l’Esprit Saint, pour nous, pour nos communautés, pour notre Eglise et pour le monde.
Didier-Marie Golay, Homélie pour la fête de l’Ascension / extrait (carmel.asso.fr)
image: Icône de l’Ascension de Notre Seigneur Jésus-Christ (reflexionchretienne.e-monsite.com)