Morceaux choisis – 1007 / Jean Sulivan

Jean Sulivan

Dieu au-delà de Dieu, qu’est-ce à dire sinon que Dieu est livré aux mots, que les mots sont liés au temps, et que chaque génération à travers les mots, contre et avec eux, ne peut que s’insurger, c’est-à-dire se réveiller et se mettre en marche? Les mots masquent autant qu’ils révèlent et ne tiennent leurs promesses qu’à celui qui conquiert leur signification.

La Vérité n’existe pas une fois pour toutes, pour tous et pour personne. Seuls les violents s’en emparent en la réchauffant de la chaleur de la vie. Elle ne s’hérite pas comme une terre, ni ne se communique avec le sang. On ne l’a pas. Elle nous investit à condition de marcher éveillé. Tout éveil est un nouveau sommeil dont il faut s’éveiller encore. Les mots sont des sources, mais aussi des tombeaux dont il faut rouler la pierre. L’Evangile aujourd’hui comme hier déchire le voile, détruit le Temple parce qu’il sait que le Temple se relève en trois jours.

Jean Sulivan, Dieu au-delà de Dieu (Gallimard, 1968)

image: Thomas Raguet, Palmyre / Syrie (publicsenat.fr) 

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