Augustin d’Hippone
En cette heureuse patrie de la béatitude règnera la vérité, sans déception et sans erreur aucune. De plus, il n’y aura point de larmes avec la vérité, car on y connaîtra le rire véritable et la joie qu’inspire la vérité, puisque la vie y sera réelle. Eh bien! voilà ce que tous veulent, ce que nous voulons tous: la vérité et la vie. Mais par où parvenir à ce vaste domaine, à cette félicité immense? Les philosophes se sont ouvert des sentiers trompeurs: les uns disant: c’est par ici, et les autres: non, mais de ce côté. Hélas! Ils n’ont pas connu la voie, parce que Dieu résiste aux superbes. Nous ne la connaîtrions pas non plus, si elle n’était descendue jusqu’à nous. Aussi le Seigneur disait-il: Je suis la voie.
Voyageur découragé, tu ne voulais pas t’approcher de cette voie; elle s’est approchée de toi. Tu cherchais par où marcher: Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie (Jn 14, 6). En allant à Lui, par Lui, tu ne t’égareras point. Tel est l’enseignement chrétien. Il n’est pas à comparer, mais il est incomparablement préférable aux doctrines des philosophes, soit à l’impureté des Epicuriens, soit à l’orgueil des Stoïciens.
Saint Augustin, Sermon CL – La source du bonheur, dans: Sermons sur l’Ecriture (coll. Bouquins/Laffont, 2014)
image: Carl Van Loo, La prédication de saint Augustin devant Valère évêque d’Hippone / détail – 1755 (utpictura18.univ-amu.fr)