Nikolaas Sintobin
Apprendre à discerner – XIV
L’absence de douleurs de croissance n’est pas nécessairement un bon signe. Si l’on est en trop bons termes avec soi-même et son mode de vie, si l’on ne se heurte jamais à une résistance, c’est peut-être que l’on s’est endormi. La barre est peut-être mise trop bas. Sans s’en rendre compte, on peut s’enliser dans la médiocrité. Pour la personne qui veut vivre pleinement, le combat intérieur est la règle et non l’exception. Les fruits ne se feront pas attendre.
Le discernement est strictement personnel. Personne ne peut le faire à votre place, car personne ne peut avoir accès à ce qui se passe dans l’intimité de votre coeur. Néanmoins, c’est une chance si on peut, de temps en temps, faire appel à un guide ou à un confident pour son discernement. De préférence quelqu’un d’expérimenté qui écoute respectueusement et pose occasionnellement unr question ou fait une suggestion. C’est une bénédiction si, en toute confiance, on peut ouvrir sa quête personnelle à celui qui sait écouter.
Un ami peut également remplir ce rôle, mais l’amitié ne doit pas l’empêcher de garder une distance suffisante. C’est une condition préalable pour pouvoir réellement écouter, et, si nécessaire, pour pouvoir poser la bonne question ou formuler une réserve.
Nikolaas Sintobin, Apprendre à discerner / extraits (Fidélité, 2020)