Morceaux choisis – 69 / Thérèse de Jésus

Thérèse de Jésus (Thérèse d’Avila)

Il ne nous est pas possible d’éviter toute faute; mais, au moins, que les fautes changent, de sorte qu’elles ne prennent pas racine. Elles seraient alors bien plus difficiles à extirper, et pourraient même donner naissance à beaucoup d’autres. Quand nous plantons une herbe ou un arbrisseau, et que nous les arrosons chaque jour, ils croissent si bien, que pour s’en défaire, il faut ensuite la pelle ou le boyau. C’est, à mon avis, ce qui arrive quand nous commettons chaque jour une même faute – si petite soit-elle – et que nous ne nous en corrigeons pas. Au contraire, mettez une plante en terre une fois, ou même dix, et arrachez-la aussitôt: ce sera très facile. Il faut demander au Seigneur dans l’oraison la grâce dont je parle, car de nous-mêmes nous pouvons bien peu de chose, nous sommes plus capables d’ajouter à nos fautes que d’y retrancher.

Thérèse d’Avila, Pensées sur l’amour de Dieu, dans: Oeuvres complètes (Cerf, 1995)

image:  Carmel de Caen, France (carmel.asso.fr)

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