Morceaux choisis – 814 / Haïm Korsia

Haïm Korsia

La miséricorde est une mise en mouvement vers l’autre, c’est-à-dire une mise en mouvement double. Je vais d’abord vers l’autre, avant que l’autre se trouve en face de moi. Le Talmud dit: Ne juge personne avant d’être à sa place. Un commentateur ajoute: Mais on n’est jamais à la place de quelqu’un. Alors on lui répond: Alors ne juge jamais personne. Cela signifie qu’il faut tout à la fois appréhender la situation que l’on vit et faire un effort pour analyser la situation que vit l’autre et trouver un chemin, une direction.

Ainsi, la miséricorde est une façon d’intégrer le devenir de l’autre, avec bonté, empathie et compassion. La miséricorde est donc une façon de pardonner à l’autre ce qu’il n’est pas. La difficulté réside toujours dans la capacité à se pardonner soi-même ce que l’on est. Doit-on tout pardonner? Faut-il être miséricordieux tout le temps? Il faut justement être capable de pardonner ce qui nous apparaît comme particulièrement impardonnable. Là réside toute la difficulté du pardon. Etre miséricordieux, c’est finalement être bienveillant.

Grand Rabbin Haïm Korsia et Cardinal Philippe Barbarin, Miséricorde est son Nom – Dialogue (Editions Emmanuel, 2017) 

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